UNE POLITIQUE CULTURELLE STRUCTURÉE AUTOUR DE 4 AXES MAJEURS

VALORISER L’EXISTANT ET LUI DONNER UNE COHÉRENCE

Notre territoire dispose déjà d’une offre culturelle riche et reconnue : le Festival Ravel, la Scène nationale du Sud-Aquitain, les festivités locales, l’école de musique, ainsi que des équipements comme la salle Tanka, les Micro-Folies, le cinéma, la médiathèque ou La Rotonde. 

L’enjeu n’est pas d’ajouter une couche d’événements supplémentaires, mais de donner une cohérence et un souffle nouveau à ce qui existe déjà.

La municipalité doit jouer un rôle de coordination et de mise en réseau : créer du liant entre les acteurs, mutualiser les moyens, rendre visibles les initiatives. Comme pour La Ruche, il s’agit d’organiser les énergies existantes plutôt que de les laisser fonctionner en parallèle. Une politique culturelle forte repose d’abord sur une dynamique territoriale structurée.

SORTIR LA CULTURE DES MURS : VIVRE LA CULTURE DANS L’ESPACE PUBLIC

Notre ambition est claire : ne pas seulement consommer la culture, mais la vivre. L’espace public doit redevenir un lieu d’expression, de création et de rencontre. Rues, places, parcs et frontons peuvent accueillir des projections de cinéma en plein air, des scènes ouvertes, des tremplins pour les groupes locaux, des performances spontanées.

Nous voulons développer des scènes ouvertes par quartier, en nous inspirant de l’énergie collective des mutxiko, en collaboration avec le Festival Ravel, l’école de musique, le conservatoire, les chorales, le Gaztetxe et les collectifs locaux. La culture doit offrir des espaces d’émergence, notamment pour la jeunesse.

La sobriété est un principe directeur : utiliser les équipements existants, valoriser les lieux déjà là, plutôt que multiplier les infrastructures. Une politique culturelle durable est une politique qui optimise l’existant.

DÉFENDRE UNE CULTURE POPULAIRE, ACCESSIBLE ET ENRACINÉE

Nous défendons une culture populaire au sens noble du terme : accessible, partagée, ancrée dans le patrimoine culturel vivant. À Saint-Jean-de-Luz, les pratiques amateurs, les traditions musicales, festives et linguistiques doivent être reconnues à égalité avec les programmations institutionnelles.

Nous voulons renforcer les rites populaires qui rythment la vie collective : Ihauteri, Arimen gaua, Olentzero, Donibaneko bestak. Ces moments doivent être vécus et construits avec les habitants, non transformés en spectacles passifs. Encourager les Luziens à être acteurs, soutenir les initiatives de quartier, faciliter la participation des écoles et des associations est essentiel pour maintenir l’authenticité de ces fêtes.

Le marché de Noël devra valoriser les artistes et artisans locaux, confier buvettes et restaurations aux associations luziennes, et proposer des animations portées par les écoles de danse, les troupes locales, les sérénades nocturnes. Lors des fêtes de la ville, nous privilégierons les groupes locaux et mettrons en place une politique claire de prévention contre les violences sexistes et sexuelles. Une fête populaire doit être un espace sûr pour toutes et tous.

L’accessibilité est une priorité. La culture ne doit pas dépendre du niveau de revenu ni des codes sociaux. Cela suppose une politique tarifaire adaptée et le développement de manifestations gratuites dans l’espace public. Multiplier les événements en accès libre, c’est permettre à chacun de participer.

TRANSMETTRE, DIALOGUER ET OUVRIR SUR LE TERRITOIRE

La culture ne doit pas être seulement un spectacle, mais un apprentissage vivant. Nous mettrons en place des parcours de transmission culturelle dans les écoles et ouverts aux citoyens : histoire locale, patrimoine, langue basque, pratiques artistiques. La valorisation des initiatives bascophones et la coopération avec la Communauté d’Agglomération Pays Basque renforceront l’ancrage linguistique et culturel du territoire.

Nous organiserons également des conférences gratuites et régulières, ouvertes à tous, autour de thèmes variés : patrimoine, environnement, débats de société, rencontres avec des artistes ou chercheurs. La culture, c’est aussi la réflexion et le dialogue.

Favoriser les échanges entre les cultures présentes sur le territoire est fondamental. Saint-Jean-de-Luz est traversée par des histoires et des langues multiples. La politique culturelle doit créer des espaces de rencontre interculturelle et développer des sorties culturelles locales en lien avec l’Eurorégion, afin que nous connaissions mieux la diversité qui nous entoure.

Enfin, mieux informer, c’est démocratiser. La municipalité devra diffuser régulièrement des bulletins clairs sur les événements à venir pour rendre la vie culturelle plus lisible et accessible.

Une politique culturelle ambitieuse ne se mesure pas au nombre d’événements programmés, mais à sa capacité à rassembler, transmettre et faire participer. 

La culture est un droit, un bien commun et un moteur de cohésion. 

La faire vivre dans l’espace public, c’est permettre aux habitants de se réapproprier leur ville et de la faire vibrer collectivement.

LA PLACE DE LA LANGUE BASQUE – UNE POLITIQUE LINGUISTIQUE ASSUMÉE

La langue basque n’est pas un élément décoratif de notre identité. Elle est une langue vivante, un patrimoine immatériel, un vecteur de transmission et un lien intergénérationnel. À Saint-Jean-de-Luz, sa présence doit être pleinement assumée, structurée et protégée par une politique publique claire et durable.

Nous instaurerons une véritable politique linguistique municipale visant la normalisation progressive de l’usage de l’euskara dans la vie publique. 

Cela passera par la mise en application complète de la charte linguistique adoptée en 2025 (Déclaration d’engagement en direction de la langue basque), engageant la commune à développer l’usage du basque dans la communication institutionnelle, la signalétique, les événements publics et les services municipaux. 

Pour qu’à Saint Jean de Luz chacune des deux langues ait une place équitable. 

Rendre la langue visible et naturelle dans l’espace public est une condition essentielle de sa vitalité.

Pour donner à cette politique les moyens d’agir, nous renforcerons les ressources humaines dédiées à l’euskara au sein de la municipalité. Le rôle du ou des techniciens en langue basque sera consolidé et élargi si nécessaire. Clarifier les missions, assurer un soutien politique constant et, si besoin, renforcer l’équipe permettront d’inscrire l’action linguistique dans la durée.

La municipalité encouragera également les agents communaux à accéder à l’apprentissage de la langue. Proposer des formations adaptées, aménager le temps nécessaire et valoriser les compétences linguistiques dans les services renforceront concrètement l’accueil bilingue et la qualité du service public.

La transmission constitue le cœur de cette politique. La langue doit vivre dès le plus jeune âge, dans les temps du quotidien, dans le jeu et dans les loisirs. Nous soutiendrons pleinement le dispositif Euskaraz Josta, qui accompagne techniquement et financièrement les accueils collectifs de mineurs du Pays Basque pour structurer un accueil en langue basque : formation des personnels, matériel d’éveil, traductions, animations spécifiques. L’objectif est que les enfants vivent la langue de manière naturelle et ludique, au-delà du cadre strictement scolaire.

Nous proposons également la création d’une Maison d’Assistantes Maternelles en euskara à Saint-Jean-de-Luz. Cette structure offrirait un accueil bascophone dès la petite enfance, renforcerait la continuité linguistique entre les différents âges de la vie et répondrait à une demande réelle des familles. Accompagner la formation des professionnelles et soutenir financièrement le projet permettra d’en assurer la viabilité.

Enfin, l’accueil des nouveaux arrivants doit intégrer la dimension linguistique. Informer sur la réalité de l’euskara, encourager son apprentissage et proposer des passerelles culturelles favorisent une intégration respectueuse de l’identité locale.

Promouvoir l’euskara, ce n’est exclure personne. C’est affirmer une richesse collective et garantir sa transmission. Faire vivre la langue basque dans l’espace public, dans les institutions et dans la petite enfance, c’est investir dans l’avenir culturel et humain de notre territoire.