La ville subit la pollution atmosphérique liée à l’intense trafic de l’A63 et à l’ex RN 10, que faire face à cela ?

La création d’une « rocade urbaine » gratuite permettra de limiter la vitesse à 110km/h sur l’A63 réduisant ainsi les émissions polluantes. La ville obligera le gestionnaire à réaliser les plantations non réalisées mais prévues lors de son élargissement il y a 10 ans.

La réduction de la vitesse en ville et la limitation de la circulation « parasite » (visiteurs à la recherche de places) auront également des effets bénéfiques. Le soutien aux transports en commun et le développement des pistes cyclables pour les déplacements courts et du quotidien participeront aussi à l’amélioration de la qualité de l’air.

En complément et pour suivre les évolutions, plusieurs capteurs d’analyse de la qualité de l’air seront installés sur l’ensemble du territoire communal.

Les eaux douces, notamment la Nivelle, ainsi que l’océan sont polluées et cela impacte notre santé ainsi que les activités économiques et de loisirs associées, y a-t-il des moyens d’améliorer la situation ?

Un plan de désartificialisation massif de l’espace public sera engagé. L’exemplarité de la municipalité dans sa gestion de l’eau sera prioritaire et permettra dans un second temps d’accompagner les citoyens vers des pratiques moins impactantes sur l’environnement.

En lien avec la CAPB, l’impact des activités artisanales, industrielles et agricoles sera diagnostiquées et elles seront accompagnées si nécessaire pour réduire leur impact.

Les analyses d’eaux seront systématisées et réalisées toute l’année. Leurs résultats seront rendus publics.

En quoi la désartificialisation de l’espace public est une solution ?

Moins de béton et moins d’enrobé, c’est d’abord des économies pour les finances communales mais c’est aussi favoriser l’infiltration de l’eau. Moins d’eau dans les canalisations, c’est moins d’eau à traiter pour la station d’épuration et cela réduit l’impact des inondations.

Enfin des aménagements plus « légers » sont également modulables, réversibles et coûteront moins cher à l’avenir s’ils doivent évoluer.

L’assainissement pose problème depuis des années, quelle est la situation ?

La situation est critique, ce qui s’explique par un sous-investissement chronique depuis des décennies. Le résultat c’est un dysfonctionnement de l’actuelle station d’épuration avec environ 100 jours par an de rejets non traités via plusieurs déversoirs d’orage.

Par exemple le déversoir d’orage de Sainte Barbe c’est depuis des années, près d’un demi-million de m3 d’eau non traitée qui est rejeté par an à 200 mètres de la baie. Ce volume d’eau représente plus de 250 piscines olympiques et 25 % des eaux collectées par le réseau d’assainissement luzien.

La (future) nouvelle station d’épuration ne va-t-elle pas tout régler ?

La CAPB va investir des dizaines de millions d’euros pour « sauver » Saint Jean de Luz, la situation sera améliorée mais sans faire le maximum.

Le traitement des micropolluants attendra encore plusieurs années que cela devienne une obligation légale. De la même manière le traitement poussé des polluants chimiques et bactériologiques attendra aussi.

Malgré un consensus scientifique, notre littoral n’est pas classé réglementairement comme une zone dite sensible à l’eutrophisation donc pas d’obligation de traitements poussés.

Pourquoi faudrait-il faire plus si ce n’est pas obligatoire ?

Investir dès aujourd’hui c’est préparer l’avenir et c’est réduire dès à présent au maximum notre impact sur le milieu marin dont dépend notre territoire. Sans un océan en « bonne santé », les activités économiques (pêche, tourisme estival…), les loisirs et activités associés seront en péril.

Il serait donc possible d’anticiper et d’agir dès aujourd’hui ?

En effet, nous avons formulés plusieurs demandes lors des différentes enquêtes publiques liées à assainissement luzien.

Nous demandons d’intégrer dès aujourd’hui dans la conception de la future station d’épuration des objectifs optimaux de traitement de tous les polluants.

En complément du traitement, il est pour nous primordial d’accélérer la mise en séparatif du réseau de collecte (une canalisation pour les eaux de pluie et une canalisation pour les eaux usées à traiter). Le contrôle de l’ensemble des points de rejet dans le milieu naturel doit être mis en place.

Enfin, il faut au plus vite déconnecter du réseau les eaux dites parasites (ce sont des sources ou des ruisseaux actuellement collectés et traités pour rien).